Comment   j'ai   vécu   la   Chine

 

 

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XIAN                            21, 22 et 23 septembre 1990

 

 

 

On a voyagé 20 heures durant pour arriver à Xian, le berceau de la Chine culturelle. C'est ici, que 200 ans avant Jésus-Christ, le premier empereur de la  Chine unifiée construisit ses palais, ses monuments historiques, malheureusement anéantis au cours des temps. La découverte sensationnelle de 7.000 soldats en terracotta  fut l'hameçon qui nous attira jusqu'ici.

         

Nous débarquons à la gare de Xian. Rucksack sur le dos, on essaye de se faufiler entre les milliers de voyageurs qui se pressent et se bousculent pour arriver parmi les premiers au contrôle des cartes à la sortie. A la vue des deux « Peaux Blancs » le contrôleur fait un signe de la main voulant sans doute dire – allez, ouste ! et nous sommes aussitôt dehors. Nous allons à l'hôtel situé en face de la gare que nous recommande L.P. Les réceptionnaires, très accueillantes, parlent anglais, nous montrent une chambre très propre avec salle de bains tout en marbre, air conditionné, TV….70 yuans  (14 $) par nuit. On se décide sans hésiter, il faut profiter de ce confort à un prix raisonnable car Dieu sait ce qui nous attend aux prochaines  étapes. Le déballage est vite fait puisqu'on n'a emporté que le stricte nécessaire.

         

Nous faisons nos premiers pas dans Xian et pour un début on ne se débrouille pas mal et cela, grâce encore une fois, à notre précieux LP. Il nous indique le chemin à prendre pour arriver à l'arrêt du bus qui conduit aux Murailles où nous voulons nous rendre. On a aussi la chance qu'aux arrêts les numéros sont écrits en chiffres arabes, cela on l'avait déjà remarqué à Pékin.

 

On ne s'attarde pas longtemps aux murailles qui jadis encerclaient la ville pour la protéger contre les envahisseurs. En forme de rectangle, elles  font 12 km. Vieilles de bientôt mille ans, magnifiquement bien conservées et imposantes. On se promène sur ses larges chaussées pour aboutir à un ancien temple de Confucius qui sert aujourd’hui de musée. Il s'agit du Musée provincial, un des plus riches dans le pays, en pièces originales. J'avoue être plus attirée par l'environnement que par les vases, sculptures et bronzes qui font sa notoriété. On se trouve dans un ensemble de pavillons reliés entre-eux par de jolies cours et jardins. J'ai plaisir à regarder tout ce qui m'entoure car tout est nouveau à mes yeux, différent de ce qu'ils ont l'habitude de voir et je me dis que c'est bien cela que j'espérais découvrir. A la vue de la Forêt des Stèles (près de 1.500 pièces) je suis réellement impressionnée par de magnifiques calligraphies qui sont l'œuvre de grands maîtres. Cette prestigieuse collection a été instituée en 1087 par l'empereur de l'époque dans le but de conserver les « Classiques sur pierres ». 

        

 Après cette visite qui nous a donné une des preuves que Xian est bien le berceau de la Chine culturelle, c'est le contraste absolu au moment où nous entrons dans la vieille ville. Une fine pluie se met à tomber mais cela ne nous empêche pas d'explorer ce côté là de la médaille ! Abrités sous nos parapluies on s'aventure dans un dédale de ruelles étroites où se déroule une vie intense et animée. C'est un pèle-mèle d'artisans, de marchands ambulants et une concurrence de petits restaurants. Pas de doute que la vie de ces gens se déroule sur le trottoir car chacun continue ses petites occupations sans tenir compte de la pluie. Il faut dire aussi que nous sommes plus au Sud qu'à Pékin et que la température est des plus agréables.

 

On regarde curieusement les alentours. Les visages souriants exprimant une réelle sympathie, la barrière de langue ne nous empêche pas de nouer contact. Un « nihao » (bonjour) amical en passant et déjà ils sont à plusieurs autour de nous croyant que nous parlons  leur langue ! Milan se démène, encore un mot ou deux et puis on passe aux mimiques ! Il est l'heure du souper et on ne craint pas de rester sans manger car à la devanture des petits restaurants fume un bouillon  aux côtés d'une dizaine de raviers (riz, nouilles, bambou, crudités et …. ?????). L'hygiène n'y prime pas mais rien à craindre du fait que les crudités sont plongées durant quelques instants dans la marmite bouillante au moment d'être servies. On fait un choix au hasard, curieux de ce que cela donnera. Le patron nous ausculte du regard voyant que tout cela est nouveau pour nous. Il a un large sourire quand on lui fait comprendre que c'est bon….. Il est temps de récupérer des forces pour le lendemain et rentrons.

         

En 1974, à 38 km. de Xian, des paysans en creusant un puits débouchèrent sur une galerie effondrée et remplie de limon où ils trouvèrent les premières statues de la découverte du siècle : L'armée endormie du 1er Empereur. Sur le plateau devant l'entrée des fosses, d'innombrables cars sans doute venu de tous les coins du pays. Une longue queue devant les guichets où je ne remarque que des « Jaunes ». On a accès à 3 fosses d'un espace de 160 ares et impossible de rester indifférent à la vue de cette impressionnante armée d'outre-tombe composée de 7.000 fantasins et cavaliers grandeur nature. Ils sont là pour garder Shi huangdi, le premier empereur de la Chine unifiée, il règna à partir de 221 av. J.-C. Ne m'étonne pas l'expression de respect et de dévotion à nos côtés car ce régiment de soldats (incroyablement restés intacts) individualisés dans leurs traits, leurs expressions et leurs grades sont vraiment frappants de réalité.

                                                               

 

 

         

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