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Comment  j'ai  vécu  la  Chine

 

 

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                PEKIN                        du 25 octobre  au  6 novembre 1990.

 

         

 

                Trajet très confortable (couchettes) durant lequel nous faisons la connaissance de Suzan, Anglaise et Steve, Canadien. Ils étaient arrivés à Shanghai en bateau  à partir de Hong Kong et avaient fait un saut jusqu'à Huangshan. Là-haut ils s'étaient trompés de chemin à un croisement de sentiers. Il y avait paraît-il beaucoup de brouillard. Ils étaient arrivés à un village, transis de froid et de peur.  De là ils avaient mis deux jours pour atteindre Shanghai.

         

                Nous écoutons avec interêt leurs aventures tout comme eux les nôtres. On ne s'est pas tout dit et nous voici déjà au bout des 1.462 km qui nous séparaient de la capitale

La gare de Pékin, le bus et l'hôtel Ciao Yuan.

Nous avons prévu une dizaine de jours pour visiter Pékin et ses environs.

          

                Je retrouve la place Tian anmen toujours aussi démesurée et imposante. Nous allons avant tout voir la Cité Interdite et franchissant la Porte de la Paix Céleste, j'ai le sentiment d'entrer dans un monde tabou, à l'idée qu'il n'y a guère plus de six décennies, il était interdit d'y jeter le moindre regard profane, sous peine de mort.

 

                Se succèdent alors des cours, des ponts en marbre blanc, des portes majestueuses, des palais où les reliques semblent magnétiser la foule. Comme dans les jardins de Suzhou, je remarque les rapports fascinants qui s'établissent entre les choses et les êtres. Et à Xian j'ai pu voir ce respect et intérêt pour les vestiges antiques, preuves de leur civilisation ancienne. Cheminant dans ce dédale je me trouve tout à coup dans une cour immense qu'il me semble connaître……c'est le cadre du « Dernier Empereur » ! La musique du film me revient et je suis transportée à l'époque où les Tsars règnaient à l'abri des « hommes ordinaires ».

 

Nous défilons alors devant

Le palais de l'Harmonie Suprême

Le palais de la Tranquilité Terrestre

Le palais de la Nourriture de l'Esprit

Le palais de la Pureté Céleste

Le palais du Long Printemps et d'autres encore.

 

                Bien qu'on ait déjà vu pas mal de temples nous allons visiter le temple des Lamas qui date de 1694, le plus beau du pays paraît-il. C'est un grand centre du bouddhisme tébétain où vivent des moines venus de Mongolies. On flâne et se repose au milieu des cours et pavillons aux couleurs sobres – pourpres, où le son des clochettes et le bruit sourd de gongs d'airain  viennent se mêler aux émanations de l'encens. Là nous revoyons Suzan et Steve, impressionnés tout comme nous par l'environnement. Nous faisons  un échange de nos dernières découvertes et poursuivons notre pèlerinage.

        

                 Pékin n'est pas seulement ville-temple, ville-palais, loin de là. Nous préférons même aller au hasard des rues et nous mêler à la population. Nous n'apercevons ni mendiants, ni clochards, ni ivrognes, pas d'ordures, même dans les ruelles des vieux quartiers alors qu'ici vit dix millions d'habitants sans compter la visite quotidienne de 250.000 touristes chinois.

       

                 Les petites cuisines du trottoir m'attirent particulièrement. Il faut que je goûte à toutes les « spécialités » de la rue. Les galettes de blé parfumées aux graines de sésame sont délicieuses, également les  fruits enrobés de sirop, perchés sur des bâtonnets, les beignets et autres chinoiseries….Nous dînons (à midi) dans les snack-bars, entourés d'une foule de Pékinois, toujours prêts à nous venir en aide quoiqu'on ne se débrouille pas mal ces derniers temps. On ne manque pas de déguster le fameux canard laqué, spécialité pékinoise. La marmite mongole est amusante. On plonge des légumes et du mouton dans un bouillon suivant le rituel de la fondue. Fort apprécié par les Pékinois souvent en grande compagnie autour d'une table ronde comme partout dans le pays.

 

                 Il est évident que nous ne manquerons pas de visiter « Wan li chang chen » que nous connaissons mieux sous le nom de « La Grande Muraille ». Grande en effet puisqu'elle s'étend sur un parcours de 10.000 li (5.000 km).

 

                 Sa construction commença au deuxième siècle avant notre ère sous le règne de l'empereur Quin shi huangdi dont on a visité l'armée en terracotta à Xian. Un devin avait prédit que les travaux ne réussiraient que « si dix mille hommes étaient ensevelis vivants sous la muraille ». Quin trompa le ciel en ensevelissant un homme dont le nom comprenait le caractère « dix mille » -  « Wan ».  Grâce à ce subtervuge nous voici en route vers le symbôle de la Chine. Cette Chine que les Chinois appellent Zhongguo, ce qui veut dire l'Empire du Milieu ou le Centre du Monde.

         

                Nous faisons le parcours en bus, 75 km. On traverse une campagne où sont cultivés légumes, céréales, riz , mais. Pas d'industries. Au loin, la muraille se profile comme une dentelle de pierre enchevêtrée au milieu des monts Badaling qui s'étendent à perte de vue et dont certains sommets atteignent 1.000 mètres d'altitude.

         

                Je pensais que la vue de l'endroit ne me troublerait pas du fait que c'était du « déjà vu » maintes fois sur images et les écrans. Cependant, foulant les larges chemins pavés, j'ai le cœur en émoi à l'idée qu'un habitant présumé de la Lune pourrait me voir et aussi que nous sommes en train de décrocher l'avant- dernier trophée de notre aventure……..

         

                Nous  avons choisi le Palais d'Eté (20 km) pour faire nos adieux au pays. Un soleil d'automne resplendissant nous invite à y passer la journée. Dans ce domaine venaient depuis 1153, les Empereurs et l'Impératrice Ci Xi (Tseu hi) qui règna de 1881 à 1908, chercher refuge pour fuir les chaleurs de la capitale.

 

                Il nous faut peu de temps pour arriver en bus au « Jardin de la Concorde » (Yi he yuan), ainsi l'avait rebaptisé l'Impératrice. Nos pas se dirigent avant tout vers le lac qui occupe trois quarts de la superficie de cet immense parc. Nous passons sous une galerie (700 m) qui court sur les bords de la rive. Poutres et plafonds sont décorés de dessins dont la plupart représente des paysages de Hangzhou, son lac et ses collines où mon esprit retourne un moment. Au bout de la galerie un sentier nous conduit jusqu'à un temple au sommet d'une colline. D'ici on domine tout le paysage du regard. Des collines verdoyantes où se mêlent les couleurs d'un  début d'automne entourent le lac avec ses deux admirables ponts de pierre blanche. Le Pont à Dix-Sept Arches et le Pont de la Ceinture de Jade. Ils relient la rive à des îlots que des curieux viennent visiter en barque. De magnifiques bâtiments, dont les tuiles vernissées scintillent sous les reflets du soleil, sont éparpillés le long des collines. Nous descendons vers le lac et dégustons du poisson frais, pêché dans le lac, dans un ancien théâtre transformé en restaurant.

 

               Nous continuons à vagabonder et arrivons dans un coin où ça et là émergent de jolis pavillons autour d'un étang. L'Impératrice venait, paraît-il, se reposer dans le calme et l'harmonie de ce jardin. Nous profitons aussi de ce coin paisible et solitaire, méditant sur les merveilleux moments de notre séjour.

 

               Des liens invisibles nous retiennent au bord du lac alors que s'annonce le coucher du soleil. Des gosses penchés au-dessus de mon épaule regardent curieusement les mots que je suis en train de noter. Je leur souris avec mélancolie pensant à l'approche du départ………

         

                 L'avion décolle, nous sommes bientôt dans les airs, la voix du pilote se fait entendre…… « vous pouvez détacher vos ceintures ». La Chine est déjà loin derrière nous mais des visions……Chengdu, Leshan, Yangtzé, Huangshan …, des visages souriants, bienveillants…..se mêlent à des  airs mélodieux et je me dis que peut-être……. j'ai rêvé !

 

 

Jeanette à la Grande Muraille

 

 

 

Le Pont aux Dix-Sept Arches

 

 

 

                    Itinéraire

 

 

M’écrire  à       jeanette@memodata.net